Avoir de l'autorité ou être autoritaire

Mis à jour : juil. 6

" Il faut exiger de chacun, ce que chacun peut donner. L'autorité repose d'abord sur la raison " Saint Exupéry, le petit prince, La planète habitée par un roi



Définition Autorité -:Pouvoir de décider ou de commander, d'imposer ses volontés à autrui : Affermir, perdre, rétablir son autorité.

Autoriser c'est proprement donner autorité, c'est à dire reconnaître à quelqu'un la faculté, le droit, le pouvoir de faire légitimement quelque chose et lui permettre, ainsi, de l'accomplir. Cette acception suppose, à l'évidence, l'existence d'une relation de subordination ou de dépendance entre celui (ou ceux) qui donne(nt) l'autorisation et celui (ou ceux) qui la sollicite(nt)


Conformément à l'étymologie (auctoritas, atis, de auctor, is, dérivé de augere : augmenter, croître) l'autorité est le fait de l'auteur, de celui qui crée, engendre. Ainsi, l'autorité parentale ou, plus encore, l'idée que toute autorité finalement vient de Dieu. C'est sans doute la raison pour laquelle l'autorité, c'est d'abord AUTORISER à être!


L'autorité : une nécessité pour la régulation de groupe


Observez un troupeau de chevaux, vous verrez qu'au bout d'un moment chaque cheval a son rôle et sa fonction dans le groupe. Un cheval prend le rôle du leader ; il donne la direction dans les transhumances. Il y a le dominant qui indique au troupeau les lieux et les moments pour se nourrir, l'individu qui donne le temps du jeu, celui qui permet au conflit de trouver une issue, celui qui protège le troupeau...

L'autorité est multiple en fonction des compétences, des expertises, des aptitudes de chacun. Chez les hommes comme chez les animaux qui vivent en groupe, c'est le même principe. Le dominant, le leader ou le chef est reconnu comme tel dans son domaine et fait respecter certaines règles pour la survie de l'ensemble.


L'autorité est nécessaire à l'équilibre d'un groupe pour sa régulation et sa survie. Pour qu'elle soit reconnue, elle doit être motivée par un projet altruiste. La survie du groupe, l'équilibre de la famille, l'adaptation et l'évolution.

Dans notre langage, l'autorité s’associe à de nombreux verbes : avoir de l’autorité, être autoritaire, exercer son autorité, manquer d’autorité ou en abuser, faire figure d’autorité, faire autorité ou représenter l’autorité. Chacune de ces expressions nuance le mot de façon différente.

Le concept peut paraître abstrait, pourtant nous le mettons en application dans notre vie professionnelle comme dans notre vie personnelle au quotidien et sans même y penser.


Avoir de l'autorité

Avoir de l’autorité, c’est posséder ce pouvoir d’influer sur le cours de l’action, sur l’évolution d’une situation, ou sur le comportement d’autrui. Et il faut le reconnaître, avoir de l’autorité a toujours représenté une vertu cardinale. Lorsque l’on dit d’une personne qu’elle a de l’autorité, cela signifie qu’elle a une aptitude à faire valoir son point de vue, se faire respecter ou une propension à être suivie par les autres. Avoir de l'autorité, c'est avoir un ascendant, une influence.


Avoir l'autorité, c'est autre chose!

En démocratie nous donnons notre voix au parti et à la personne à qui nous allons confier la gouvernance et avec elle les pouvoirs décisionnels et donc l'autorité suprême. Le futur président a donné pendant sa campagne une vision, une perspective de programme. La vision, le projet qui rassemble est un critère important pour être le chef.

Les régimes autocrates, ne donnent pas ce choix. L'autorité s'impose et règne sur le peuple pour le pire plus souvent que pour le meilleur.


Dans la famille, le parent est de fait l'autorité de qui dépend l'enfant. L'enfant ne choisit pas ses parents, il en est dépendant jusqu'à ce qu'il soit capable de vivre de façon autonome.Le parent est responsable d'éduquer son enfant, il est également responsable de ses actes devant la loi.


Le chef d'équipe est désigné responsable du travail de son équipe et décide des meilleures options (ou du moins ce qui lui apparaît comme telles) pour atteindre les objectifs fixés.


Une autorité juste et équitable, exercée avec droiture et sens des responsabilités, voici le genre d’autorité qui devrait être la seule autorisée. Car l’autorité pour être efficace doit être reconnus par ceux sur qui elle s'exerce.

Exercer son autorité

Avant d'exercer son autorité, encore faut-il l'asseoir, c'est à dire mettre en place des règles et les faire respecter.

Il s'agit de décider pour les autres. Parfois même de les contraindre à rentrer dans les clous.

Exercer son autorité, aussi curieux que cela puisse paraître commence souvent par "autoriser". Par exemple le parent avant d'interdire et de limiter, incite et encourage son enfant à explorer ses capacités et son environnement. Il l'incite à se mettre debout, à marcher, à apprendre....

L'exercice de l'autorité consiste ensuite à rappeler qui détient la décision des règles et surtout comment les faire adopter et respecter.

Les recadrages

La sanction fait partie de l'exercice de l'autorité


Politiciens, professeurs, parents, selon leur domaine de responsabilités, se doivent d’exercer cette autorité de façon légitime, juste et équitable.

Il faut savoir juger et évaluer le plus justement possible.

L'autorité du juge en est le meilleur exemple.

Les règles doivent être claires, comprises. La manière dont elles sont appliquées doit être justes et justifiées.

Aujourd'hui nous avons compris qu'une autorité est d'autant plus respectée qu'elle s'accompagne d'exemplarité.


Nous avons pour certains d'entre nous un rapport "particulier" à l’autorité ; du rebelle au soumis. Lorsque ces 2 comportements deviennent des traits de notre identité, des caractéristiques comportementales, elles peuvent nous jouer des tours. Par exemple le rebelle systématique peut obstruer les prises de décisions, la coopération...

Le soumis, ne discute rien est un bon exécutant mais a des problèmes pour marquer un refus, poser ses limites et semble parfois manquer de discernement.


Savoir résister à l'autorité est nécessaire lorsque celle ci n'est pas équitable.

Les "résistants" ont contribué à éviter le pire!

Savoir se soumettre à l'autorité devrait rester un choix. Ainsi l'autorité nous rend responsable de nos actes et permet à une vision, à des valeurs d'être mieux partager.



Manquer d'autorité

Le manque d’autorité fait des dégâts dans le monde du travail, comme dans la société en général. On lit et on entend parfois que les parents démissionnent, qu’on ferait peut être bien de faire machine arrière et de « resserrer les boulons » pour que les jeunes respectent davantage les professeurs, la collectivité, les institutions.


On lit parfois que notre sociétés à développer des valeurs individualistes. Cela n'est plus très intéressant de se conformer aux règles édictées..

Comme si notre société n’aimait plus obéir, par crainte d’être sous influence, manipulée ou encore de perdre son individualité.


Manquer d'autorité, suppose qu'elle n'ait pas été utilisée ou exercer lorsque cela aurait été nécessaire. Pour faire appliquer une règle éducationnelle, une loi, un règlement...


La parent, le chef ou le pouvoir gouvernemental peut être laxiste, peut aussi ne pas oser ou ne pas savoir exercer l'autorité.

Il arrive que l'exercice de l'autorité fasse peur : peur de ne pas être apprécié, de perdre son image, d'être jugé comme "le méchant". La peur de ne pas savoir gérer la frustration des interlocuteurs à qui l'ont interdit, est assez fréquente.


On peut manquer à exprimer un refus à quelqu'un alors que nous en avions le droit et quelque part, nous en payons les conséquences.

Cela peut faire des dégâts importants en matière relationnelle.

L'autorité est aussi un acte de courage, comportant le risque de déplaire.

Faire preuve d'autorité

Savoir faire preuve d’autorité, oui mais avec un dosage équilibré. Trop utilisée, l'autorité perd son effet et l'on a vite fait de penser que le patron, le parent ou toute personne qui utilise l'ordre sans discernement est décidément trop autoritaire. Connotée négativement l’expression être autoritaire qualifie plutôt un comportement agressif inadapté à la relation et à son objectif.

Faire autorité est réservé à l’expert, le spécialiste, le représentant, celui qui sait et à qui on octroie le droit de l'exercice. Lorsque l'on fait autorité, on est consulté, donc écouté et suivi sur le domaine de compétences ou d’excellence pour lequel nous avons déjà fait nos preuves. Nous verrons les avantages et les risques que ce genre d’autorité peut comporter sur la responsabilité d’autrui.

Abuser de son autorité

C'est exercer un rapport de force illégitime et surtout au dépens des autres. C'est ignorer que l'autre a des droits, des besoins. C'est par le règne de la peur de la manipulation machiavélique, leur ôter le libre arbitre, les mettre sous contrainte d’obéir.


Abuser de son pouvoir conduit à une forme de dictature. Il semble que certains Ego ont tellement besoin de pouvoir, d'être au centre de tout et de tout contrôler, qu'ils en deviennent toxiques pour leur environnement. L'abus d'autorité est un moyen pour certain de nourrir un besoin de reconnaissance démesuré et un égo qui n'existe que lorsqu'il domine autrui.


L'autorité commence par soi-même

Certaines personnes possèdent une propension « naturelle » à attirer l’attention, la sympathie et l’écoute. Le charisme ou l’ascendant naturel a quelque chose de facile qui aide considérablement à prendre une place toute particulière dans un groupe. La fascination créée par le charme d’un bon orateur ou encore l’humour d’un chef charismatique, mais aussi, l'a propos, l'humilité de certains chefs d'états, donnent à l'autorité un exemple à suivre. L'autorité est incarnée. Elle est doublée d'un leadership ou d'un ascendant qui donne envie d'être suivi.


L'autorité ainsi incarnée demande donc des qualités personnelles d'affirmation de soi, comme un accord avec soi-même pour un meilleur accord avec autrui.


En cela l’exercice du pouvoir dépend du développement de certaines aptitudes indispensables pour incarner une autorité équitable : le contrôle de soi, le développement de valeurs solides, la stratégie et l’aptitude à la communication en réseau. Dans cette lignée, nous nous souvenons tous d’un manager, d’un de nos responsables hiérarchiques, apprécié pour la pertinence de ses propos, la cohérence de ses décisions et la fiabilité de ses informations et la stabilité de ses comportements et de son humeur. Réel facilitateur de l’interaction, ces personnes exercent l'autorité avec souplesse et justesse. 


L’autorité s’admire autant qu’elle peut nous révolter

Nous recherchons souvent des modèles, des exemples d’autorité. Le thème est passionnant et attirant : pouvoir, puissance, ascendant, charisme, justesse, légitimité et adhésion y sont entremêlés. Autant de raisons qui inspirent l’envie de comprendre un peu mieux les réalités et les difficultés liées à ce concept.


Lorsque le chef (parent ou responsable hiérarchique) est un « leader charismatique », son autorité est reconnue de façon volontaire, car on projette en lui des qualités. Il inspire le respect plus que la crainte, et sera suivi avec une adhésion de bonne qualité. L’autorité de « l’expert », celui qui sait, n’a pas d’équivalent : médecins, experts en tous genres, savants et autres ingénieurs lorsque possèdent un savoir qui nous dépasse, possède un pouvoir que nous leur octroyons, nous avons besoin de leurs sciences et nous sommes dépendants de leurs décisions faute d’être nous même compétents pour choisir. 


Mais aussi d’explorer les solutions adoptées par ceux d’entre nous, qui confrontés à l’autorité, l’exercent dans différents contextes où encore la subissent, cherchant souvent l’échappatoire qui les sortira du piège d’une autorité inique.


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